L’amiante est un terme générique désignant un ensemble de minéraux naturels constitués de fibres très fines. C’est un produit naturel, extrait dans des mines ou des carrières à ciel ouvert.  

Où l’amiante est-il encore extrait ?

Les principaux pays producteurs sont :

  • Russie : premier producteur mondial, responsable d’environ 70 % de la production mondiale, avec près de 790 000 tonnes par an.

  • Kazakhstan : deuxième grand producteur, autour de 200 000 à 250 000 tonnes par an.

  • Chine : produit encore de l’amiante chrysotile et en consomme beaucoup dans son industrie du ciment.

  • Inde : n’extrait plus officiellement d’amiante, mais importe massivement de Russie et du Kazakhstan pour fabriquer des produits en ciment-amiante.

  • Brésil : la production a été interdite en 2017, mais certaines exploitations ont continué illégalement pendant quelques années.

  • Zimbabwe : a repris l’extraction d’amiante en 2019 à petite échelle, notamment dans les mines de Shabanie et Mashaba.

En tout, la production mondiale tourne autour de 1,2 million de tonnes par an.

Pourquoi ces pays continuent-ils à en extraire ?

Plusieurs raisons expliquent cette persistance :

  • Motifs économiques : l’amiante est un matériau bon marché, isolant et résistant au feu.

  • Faible régulation : dans plusieurs pays, les lois environnementales et sanitaires sont peu appliquées.

  • Demande intérieure et exportation : ces pays vendent leur amiante à des États où l’interdiction n’existe pas encore, notamment en Asie et en Afrique.

Que font-ils avec l’amiante ?

  • Extraction minière du chrysotile (amiante blanc), la forme la plus répandue.

  • Transformation en produits industriels : plaques de ciment, matériaux de toiture, tuyaux, garnitures de freins, etc.

  • Exportation vers des pays en développement pour la construction et l’industrie.

Contexte sanitaire et réglementaire

  • L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que l’amiante cause chaque année plus de 200 000 décès liés à des maladies pulmonaires et des cancers (mésothéliome, asbestose, etc.).

  • Plus de 70 pays ont totalement interdit l’amiante, dont la plupart des États européens.

  • Cependant, les grands producteurs (Russie, Chine, Kazakhstan, Zimbabwe) s’opposent encore à une interdiction mondiale. 

 

  • Il existe plusieurs types d’amiante, dont les plus courants sont :

    • Chrysotile (amiante blanc)

    • Amosite (amiante brun)

    • Crocidolite (amiante bleu)

    Le chrysotile appartient à la famille des roches serpentinisées : ses fibres ont une forme spiralée.
    L’amosite et la crocidolite appartiennent au groupe des amphiboles, dont les fibres sont droites et en forme d’aiguilles.
    Les amphiboles sont considérés comme les plus nocifs pour la santé, mais ce type d'amiante a été moins utilisé que le chrysotile.
    Ce dernier, moins coûteux et plus facile à transformer, représente environ 90 % de toute la production et de l’utilisation d’amiante dans le monde. Il est possible de distinguer les types d’amiante uniquement à la couleur de la roche brute.

      
    Une fois le matériau transformé, cette distinction n’est plus visible à l’œil nu : seule une analyse en laboratoire peut alors déterminer la présence et le type d’amiante.


    En règle générale, les matériaux contenant de l’amiante ne peuvent pas être reconnus visuellement, sauf par des spécialistes expérimentés qui savent identifier les produits susceptibles d’en contenir.

     

  • Les matériaux contenant de l’amiante sont classés en deux groupes selon leur composition et leur état de conservation :

    1. L'Amiante lié

    Il s’agit de produits dans lesquels les fibres d’amiante sont solidement emprisonnées dans un liant, et dont l’état est généralement stable. Grâce à cette cohésion, les fibres ne se libèrent pas facilement.
    Le liant est souvent constitué de ciment, de bitume, de plastique ou de colle.
    Ces matériaux libèrent très peu de fibres, sauf lorsqu’ils sont manipulés ou endommagés (sciage, ponçage, perçage, meulage, etc.).
    Les exemples les plus courants sont les plaques ondulées et les ardoises en amiante-ciment.

    2. L'Amiante non lié (ou amiante friable)

    Cette catégorie regroupe les matériaux dans lesquels les fibres d’amiante ne sont pas fixées à l'aide d'un liant solide. Leur teneur en amiante est souvent beaucoup plus élevée.
    Ces produits sont très sensibles aux dégradations : un simple choc ou frottement peut libérer une grande quantité de fibres dans l’air.
    On retrouve ce type d’amiante principalement dans les flocages, les isolants thermiques utilisés en grande quantité, ainsi que dans certaines plaques faiblement liées servant aux faux plafonds.
    Ces matériaux sont considérés comme les plus dangereux, car ils peuvent émettre beaucoup de fibres d’amiante.

    Un « matériau miracle » devenu un poison

    Au début du XXe siècle, l’amiante était perçu comme un matériau miracle grâce à sa polyvalence.
    L’ajout d’amiante rendait les produits plus solides, plus durables et moins coûteux.
    Ses propriétés isolantes (contre la chaleur, le bruit et l’électricité) en faisaient un composant idéal pour de nombreux usages, notamment :

    • la fabrication de portes coupe-feu,

    • des bacs à fleurs, poteaux ou canalisations,

    • des revêtements muraux et de plafonds,

    • des isolants projetés sur les tuyaux ou structures métalliques.

    L’amiante pouvait être filé, tissé ou intégré dans une multitude de matériaux, ce qui explique sa large utilisation dans le bâtiment et l’industrie durant une grande partie du XXe siècle.

    En savoir plus sur l'utilisation de l'amiante au fil du temps en Belgique.