Vous pouvez contacter le Fonds amiante si vous souffrez de l'une de ces maladies :
- le mésothéliome (un cancer de la plèvre)
- l’asbestose (une maladie des poumons)
- des épaississements de la plèvre
- certains cancers causés par l’amiante : poumon, larynx ou ovaire.
Le Fonds amiante n'indemnise pas pour d’autres maladies, même si elles peuvent être liées à l’amiante.
Pour toutes les maladies de l'amiante, il est prouvé que l'incidence augmente avec l'exposition cumulée à l'amiante. Dans un cas individuel, il est toutefois difficile de prouver que la maladie a effectivement été provoquée par l'amiante. Cette preuve n'est d'ailleurs pas exigée par le Fonds amiante.
Pour introduire une demande il faut uniquement apporter la preuve d'une exposition suffisante au risque de l'amiante en Belgique. Sauf dans le cas du mésothéliome, les critères sont fixés par arrêté royal.
Vous êtes professionnel de la santé et vous souhaitez en savoir plus.
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L’asbestose est une maladie pulmonaire causée par l’inhalation de fibres d’amiante. Elle se manifeste par une fibrose diffuse des poumons, c’est-à-dire une altération progressive du tissu pulmonaire. Ses symptômes, comme l’essoufflement, apparaissent d’abord lors d’efforts physiques, puis peuvent survenir même au repos. Sur le plan clinique, son évolution est généralement lente et ses signes peu spécifiques par rapport à d’autres fibroses pulmonaires.
Cette maladie survient uniquement chez les personnes ayant été fortement exposées à l’amiante, principalement dans un cadre professionnel. En Belgique, ce type d’exposition a fortement diminué à partir du milieu des années 1980, grâce à l’adoption de réglementations strictes visant à protéger la santé des travailleurs.
L’utilisation de l’amiante est totalement interdite en Belgique depuis 1998. Toutefois, avant cette interdiction, ce matériau était largement utilisé dans de nombreux secteurs. Par conséquent, les effets des expositions passées continuent de se faire sentir aujourd’hui.Bien que les cas d’asbestose soient désormais rares, certains continuent d’être diagnostiqués, notamment chez les personnes ayant été exposées de manière significative avant l’entrée en vigueur des interdictions.
Cette persistance des effets des expositions du passé explique la reconnaissance de cette maladie par le Fonds amiante encore aujourd'hui et souligne la nécessité de maintenir des efforts pour une gestion de l'amiante et de sensibiliser le public aux risques sanitaires associés.
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Les épaississements pleuraux diffus correspondent à une fibrose de la plèvre viscérale, la membrane qui recouvre les poumons.
Ils ne sont pas spécifiques à l’amiante, surtout lorsqu’ils apparaissent d’un seul côté. Ils peuvent aussi être liés à d’autres causes, comme une infection ou un hémothorax.Ces épaississements sont visibles lors d’un scanner thoracique et sont souvent associés à des anomalies pulmonaires voisines, comme des atélectasies rondes (zones de poumon partiellement affaissé).
Dans les cas les plus étendus, ils peuvent entraîner une diminution modérée de la capacité respiratoire, pouvant ouvrir un droit à indemnisation.Par ailleurs, on distingue les plaques pleurales, des épaississements parfois calcifiés de la plèvre pariétale. Elles sont fréquentes chez les personnes exposées à l’amiante mais sont généralement asymptomatiques et ne prédisposent pas à d’autres maladies liées à l’amiante.
Elles sont souvent découvertes par hasard, lors d’examens radiologiques effectués pour d’autres raisons.
Ces plaques ne donnent pas droit à une indemnisation, ni par le Fonds amiante, ni par Fedris dans le cadre du régime des maladies professionnelles, car elles ne causent pas de dommages fonctionnels. -
Le mésothéliome est une tumeur maligne rare et très agressive qui peut toucher :
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la plèvre (membrane autour des poumons),
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le péritoine (membrane de l’abdomen),
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ou plus rarement, le péricarde (membrane autour du cœur).
Dans les pays industrialisés, 80 % des cas sont liés à une exposition à l’amiante, le plus souvent sur le lieu de travail.
Cependant, des expositions non professionnelles sont également possibles par exemple via l'inhalation de fibres rapportées à domicile sur les vêtements de travailleurs où encore en vivant à proximité d’usines produisant ou utilisant de l’amiante.Les principaux symptômes sont :
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douleurs thoraciques,
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essoufflement,
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douleurs abdominales,
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perte de poids ou altération de l’état général,
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et parfois un épanchement pleural (accumulation de liquide autour des poumons).
Le temps de latence entre l’exposition et l’apparition de la maladie peut aller jusqu’à 40 ans, ce qui rend le dépistage précoce difficile. Malheureusement, le mésothéliome entraîne le décès dans la majorité des cas peu de temps après son diagnostic.
Même après l’interdiction de l’amiante, de nouveaux cas continuent donc à apparaître. -
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Le cancer du poumon regroupe toutes les tumeurs malignes primaires des poumons.
Le tabac reste la principale cause de ce cancer. Mais lorsqu’une personne fume et a été exposée à l’amiante, le risque augmente de façon multiplicative.Par exemple :
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si l’amiante double le risque (x2),
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et le tabagisme le multiplie par 20,
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le risque combiné devient 40 fois plus élevé.
Les fibres d’amiante inhalées peuvent se loger dans les poumons, irriter les tissus pendant des années et provoquer des mutations cellulaires, favorisant le développement d’une tumeur.
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Le lien entre exposition à l’amiante et cancer du larynx est moins marqué que pour le cancer du poumon.
Le tabagisme et la consommation d’alcool restent des facteurs de risque plus importants.Toutefois, une indemnisation est possible si la personne concernée peut prouver une exposition importante, équivalente à au moins 25 années-fibres, peu importe les autres facteurs de risque.
Une année fibre est une mesure standardisée, utilisée principalement dans les études épidémiologiques et les expertises médicales pour quantifier l'exposition professionnelle à l'amiante.
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Le cancer de l’ovaire lié à l’amiante est rare, avec environ 700 cas par an en Belgique, l’âge moyen au diagnostic étant de 65 ans. Depuis une vingtaine d’années, l’incidence de ce cancer diminue progressivement.
La plupart des cancers de l’ovaire sont des tumeurs épithéliales (adénocarcinomes).
Ils sont souvent asymptomatiques au début et se manifestent plus tard par des signes peu spécifiques, comme une perte de poids ou une perte d’appétit.Le traitement repose généralement sur une chirurgie combinée à de la chimiothérapie.
Le lien de cause à effet entre exposition à l’amiante et survenue de ce cancer est bien documenté. En Belgique, il concerne surtout des femmes ayant travaillé dans les années 1970 dans des usines où l’on fabriquait des cordes ou des textiles ininflammables à base d’amiante.
Le risque est avéré uniquement pour des expositions importantes, définies par une durée minimale d’environ 10 ans à temps plein. Une liste des professions et situations à risque figure dans les critères établis par Fedris.
La présence de fibres d’amiante dans les tissus tumoraux n’est pas un critère pour reconnaître ce cancer comme maladie professionnelle.